Banque du Canada - Explication simplifiée

Comprendre le fonctionnement de la banque centrale du Canada et la prévision des taux d'intérêt

Découvrez le taux cible du financement à un jour et son importance pour vous

Analyse de la Banque du Canada

Analyse approfondie de la politique monétaire et perspectives du marché des contrats à terme sur le CORRA

Analyse des probabilités du taux cible du financement à un jour et évaluation de la microstructure de marché

De quoi traite cette page ?

La Banque du Canada contrôle les taux d'intérêt pour 40 millions de Canadiens et gère la 11e économie mondiale. Nous vous expliquerons comment elle prend ses décisions et pourquoi la prévision des taux canadiens est plus complexe que celle des taux américains (en particulier après les changements majeurs de 2024).

Cadre analytique

Cette page analyse la politique monétaire de la Banque du Canada à travers les marchés de contrats à terme sur le CORRA et la valorisation des produits dérivés. Note : Des changements structurels significatifs sont intervenus en 2024 avec la transition des BAX vers le CORRA, affectant la liquidité et les mécanismes de découverte des prix par rapport aux marchés américains, plus profonds.

Table des matières

2,75 %
Taux d'intérêt actuel de la Banque du Canada Taux cible du financement à un jour (Mise à jour : décembre 2024)

Comment fonctionne la banque centrale du Canada

🏛️ Qu'est-ce que la Banque du Canada ?

La Banque du Canada est en quelque sorte la « banque de toutes les banques » au Canada. À l'instar de la Réserve fédérale aux États-Unis, elle contrôle la masse monétaire du pays et fixe le taux d'intérêt directeur qui affecte tout le monde — de votre prêt hypothécaire à votre compte d'épargne.

Faits essentiels :

  • 🗓️ Prend des décisions de taux 8 fois par an à des dates fixes
  • 🎯 Cible une inflation de 2 % (comme la plupart des grandes banques centrales)
  • 🍁 Contrôle le taux cible du financement à un jour — l'équivalent canadien du taux des fonds fédéraux
  • 🏠 Accorde une attention particulière au marché immobilier canadien et aux prix des matières premières

Comment prennent-ils leurs décisions ?

1
Analyse économique

La Banque étudie l'économie canadienne à l'aide de modèles informatiques avancés (comme ToTEM III) et examine des données clés telles que l'emploi, l'inflation et la croissance du PIB.

2
Réunion du Conseil de direction

Six hauts responsables se réunissent pour discuter et voter sur les taux d'intérêt. Contrairement au comité de 12 membres de la Fed, le Canada privilégie un format plus restreint et plus efficient.

3
Décision et communication

Ils annoncent leur décision et expliquent leur raisonnement. Le gouverneur (actuellement Tiff Macklem) tient une conférence de presse pour répondre aux questions.

Cadre institutionnel de la Banque du Canada

Mise en œuvre de la politique monétaire

La Banque du Canada opère dans un cadre de ciblage de l'inflation avec une cible d'IPC de 2 % (fourchette de maîtrise de 1 à 3 %). Le Conseil de direction, composé de six membres, fixe le taux cible du financement à un jour par un processus décisionnel fondé sur le consensus, huit fois par an à des dates prédéterminées.

Caractéristiques institutionnelles clés :

  • Cadre opérationnel : Système de plancher avec le CORRA comme taux effectif au jour le jour
  • Stratégie de communication : Communiqués de presse immédiats, rapports trimestriels sur la politique monétaire, discours du gouverneur
  • Indications prospectives : Engagements conditionnels et projections fondées sur des scénarios
  • Outils non conventionnels : Expérience d'assouplissement quantitatif (2020-2022), capacité de contrôle de la courbe des taux

Composition et processus du Conseil de direction

PosteTitulaire actuelRôle dans la politique monétaire
GouverneurTiff MacklemPrésident, autorité décisionnelle finale
Première sous-gouverneureCarolyn RogersVice-présidente, planification de la relève
Sous-gouverneure (Marchés)Sharon KozickiMarchés financiers, affaires internationales
Sous-gouverneur (Monétaire)Rhys MendesPolitique monétaire, analyse économique
Sous-gouverneur (Financier)Nicolas VincentSystème financier, macroprudentiel
Sous-gouverneur (Opérations)Toni GravelleOpérations, paiements, technologie

Taux d'intérêt actuels

🎯 Ce que vous devez savoir

L'outil principal de la Banque du Canada est le taux cible du financement à un jour, actuellement fixé à 2,75 %. Ce taux influence :

Quand les taux montent ⬆️
  • 💳 Les cartes de crédit et les prêts coûtent plus cher
  • 🏠 Les prêts hypothécaires deviennent plus onéreux
  • 💰 Les comptes d'épargne rapportent davantage
  • 💸 Les gens dépensent moins, ce qui refroidit l'économie
Quand les taux baissent ⬇️
  • 💳 L'emprunt devient moins cher
  • 🏠 Les mensualités hypothécaires diminuent
  • 💰 Les comptes d'épargne rapportent moins
  • 🛍️ Les gens dépensent plus, ce qui stimule l'économie

Modifications récentes des taux

La Banque du Canada a procédé à des baisses de taux depuis le pic de 5,00 % atteint en 2023 afin de soutenir l'économie. Chaque baisse est généralement de 0,25 % (soit « 25 points de base » dans le jargon des experts).

Analyse du taux cible du financement à un jour

Environnement de taux actuel

Taux cible du financement à un jour : 2,75 % (en vigueur depuis le 11 décembre 2024). La Banque a mis en œuvre un assouplissement de 175 points de base par rapport au pic de 5,00 %, ce qui représente le cycle de baisse le plus marqué depuis la crise financière de 2008-2009.

Structure des taux :

  • Fourchette opérationnelle : 2,50 % - 3,00 % (corridor de 50 pb)
  • Taux d'escompte : 3,00 % (borne supérieure)
  • Taux de rémunération des dépôts : 2,50 % (borne inférieure, plancher du CORRA)
  • CORRA : En moyenne proche de 2,75 % (proche de la cible)

Anticipations de marché et analyse des probabilités

65 %
Prochaine baisse : 25 pb
Réunion de mars 2025
25 %
Statu quo
Réunion de mars 2025
10 %
Baisse : 50 pb
Réunion de mars 2025
⚠️ Note sur la structure de marché

Les estimations de probabilité sont dérivées des marchés de contrats à terme sur le CORRA, dont la liquidité est nettement inférieure à celle des contrats à terme sur les fonds fédéraux américains. La transition de 2024 des BAX vers les contrats à terme sur le CORRA a engendré une fragmentation temporaire du marché, susceptible d'affecter la précision de la découverte des prix.

Comment nous prévoyons les taux canadiens

🔮 La boule de cristal : les contrats à terme sur le CORRA

Tout comme les États-Unis utilisent les « contrats à terme sur les fonds fédéraux » pour anticiper les décisions de la Réserve fédérale, le Canada dispose des contrats à terme sur le CORRA. Il s'agit de marchés financiers où les investisseurs engagent leur capital en fonction de leurs convictions.

Voici comment cela fonctionne :

  • 🏪 Les investisseurs achètent et vendent des contrats en fonction de ce qu'ils anticipent pour les taux
  • 💰 S'ils ont raison, ils réalisent un profit. S'ils ont tort, ils subissent une perte
  • 📊 Les prix de ces contrats nous indiquent ce que les « capitaux avisés » anticipent
  • 🎯 Nous pouvons calculer la probabilité de modification des taux à partir de ces prix
🚨 Changement majeur en 2024

Le Canada a connu une transition majeure en 2024. L'ancien système (contrats à terme BAX) a cessé de fonctionner en juin 2024, et les nouveaux contrats à terme sur le CORRA sont désormais utilisés. C'est comme passer d'une autoroute ancienne et fréquentée à une route toute neuve — elle fonctionne, mais le trafic y est moindre pour l'instant.

Pourquoi la prévision canadienne est plus délicate

1
Un marché plus restreint

Le marché des contrats à terme canadien est beaucoup plus petit que le marché américain. Imaginez une petite ville face à New York — moins de participants signifie moins d'information en circulation.

2
Des changements récents

Le passage des BAX aux contrats à terme sur le CORRA en 2024 signifie que nous sommes encore en train d'évaluer la fiabilité du nouveau système pour les prévisions.

3
L'influence des matières premières

L'économie canadienne dépend fortement du pétrole et des ressources naturelles, ce qui la rend plus imprévisible que l'économie américaine, plus diversifiée.

Contrats à terme sur le CORRA et structure de marché

Transition de marché : des BAX au CORRA (2024)

Le marché canadien des dérivés de taux d'intérêt à court terme a subi une restructuration fondamentale en 2024 avec la cessation des contrats à terme BAX (17 juin 2024) et la transition complète vers les produits fondés sur le CORRA. Cela représente le changement le plus significatif dans la structure du marché monétaire canadien depuis l'introduction des BAX en 1988.

Gamme actuelle de produits :

  • Contrats à terme sur le CORRA à trois mois (CRA) : Principaux contrats trimestriels, valeur nominale de 2,5 M$
  • Contrats à terme sur le CORRA à un mois (COA) : Contrats mensuels pour une précision à court terme
  • Options sur CRA : Négociation de volatilité et positionnement asymétrique
  • CORRA à terme : Taux prospectif dérivé des contrats à terme (publié par CanDeal)

Analyse de la liquidité et microstructure de marché

Comparaison de la taille des marchés

Volume quotidien des dérivés de taux d'intérêt canadiens : 72,2 milliards $
Classement mondial : 8e
Activité transfrontalière : >50 % avec des contreparties étrangères

Contraintes de liquidité :

  • Les contrats à terme sur le CORRA continuent de développer leur profondeur de marché après la transition de 2024
  • Les écarts acheteur-vendeur sont plus larges que pour les produits américains équivalents
  • Participation limitée des teneurs de marché durant la phase de transition
  • Fluctuations minimales de prix plus élevées : 0,25 pb (court terme) contre 0,50 pb (terme différé)
Limites de la découverte des prix

Les calculs de probabilité actuels doivent être interprétés avec prudence en raison de :

  • Des volumes de négociation inférieurs à ceux des contrats à terme sur les fonds fédéraux
  • Des effets de la transition structurelle de marché encore présents
  • De potentielles distorsions de la prime de terme dans les contrats à échéance plus lointaine
  • Des flux d'arbitrage inter-devises affectant la formation des prix

Pourquoi la prévision canadienne est plus difficile

🤔 En toute transparence

Nous souhaitons être honnêtes avec vous : prévoir les décisions de la Banque du Canada est plus complexe que prévoir celles de la Réserve fédérale. Voici pourquoi, expliqué simplement :

🇺🇸 Marché américain (plus facile à prévoir)
  • 💹 Marchés de contrats à terme vastes et liquides
  • 🏦 De nombreuses banques et investisseurs actifs
  • 📊 Plusieurs décennies de données fiables
  • 🎯 Découverte des prix très précise
🇨🇦 Marché canadien (plus complexe)
  • 📉 Marchés de contrats à terme plus petits et plus récents
  • 🏢 Moins de participants actifs
  • 🔄 Des changements majeurs survenus en 2024
  • ❓ Des signaux de prix moins certains
💡 Ce que cela signifie pour vous

Nos prévisions de taux canadiens restent pertinentes et s'appuient sur les meilleures données de marché disponibles, mais elles comportent un degré d'incertitude plus élevé que les prévisions américaines. Pensez à la météorologie : nous pouvons toujours vous donner une bonne idée de ce qui va se passer, mais les intervalles de confiance sont plus larges.

L'histoire de la transition de 2024

Imaginez que toutes les autoroutes de votre ville changent soudainement de nom et d'itinéraire du jour au lendemain. C'est essentiellement ce qui s'est passé sur les marchés de taux d'intérêt canadiens en 2024 :

1
L'ancien système (BAX)

Pendant 36 ans (1988-2024), le Canada a utilisé les contrats à terme BAX. Ceux-ci étaient bien établis et les opérateurs les connaissaient parfaitement.

2
Le grand basculement

En juin 2024, les contrats à terme BAX ont cessé d'être négociés définitivement. Tous les acteurs ont dû migrer vers le nouveau système de contrats à terme sur le CORRA.

3
Les difficultés de rodage

Le nouveau système fonctionne, mais c'est comme un nouveau restaurant — il faut du temps pour constituer une clientèle régulière et assurer un fonctionnement fluide.

Contraintes de liquidité de marché

Limitations structurelles du marché

Les dérivés du marché monétaire canadien sont soumis à plusieurs contraintes structurelles qui limitent la précision de l'extraction des probabilités de taux par rapport aux marchés de référence américains :

Indicateurs de volume et de liquidité :

  • Volume quotidien de dérivés de taux d'intérêt : 72,2 Mds CAD contre 600 Mds USD+ (marchés américains)
  • Part de marché : 8e mondial contre la 1re position des États-Unis
  • Intérêt ouvert : Nettement inférieur au complexe SOFR/Fed Funds du CME
  • Couverture par échéance : Limitée au-delà d'un horizon de 2 ans

Analyse de l'impact de la transition BAX-CORRA

IndicateurBAX (avant 2024)CORRA (après 2024)Impact
Taux de référenceCDOR 3 moisCORRA composéTransition vers un taux sans risque
Historique de marché36 ans (1988-2024)4 ans de négociation activeBase empirique réduite
État de la liquiditéÉtablie, profondeEn construction, fragmentéeÉcarts acheteur-vendeur plus larges
Découverte des prixRobusteEn développementIncertitude accrue
Impact quantitatif sur l'estimation des probabilités

Intervalles de confiance : Estimés 15 à 25 % plus larges que les probabilités de taux américaines équivalentes
Risque de modèle : Plus élevé en raison de ruptures structurelles dans les séries temporelles
Risque extrême : Potentiellement sous-évalué en raison de la profondeur réduite du marché des options

Considérations relatives à l'arbitrage inter-marchés

Dynamique du différentiel de taux CAD-USD : Plus de 50 % des opérations sur dérivés canadiens impliquent des contreparties transfrontalières, créant des effets de débordement des anticipations de politique monétaire américaine. Cela peut fausser les anticipations pures de taux canadiens, en particulier lors de périodes de divergence des cycles de politique monétaire.

Ce qui rend le Canada différent

🍁 La personnalité économique du Canada

L'économie de chaque pays a sa propre « personnalité ». L'économie canadienne possède des traits uniques qui rendent la prévision des taux d'intérêt plus complexe qu'aux États-Unis :

🛢️ Superpuissance des matières premières

Le Canada est en quelque sorte l'entrepôt de ressources du monde :

  • Pétrole et gaz : 3e réserves pétrolières mondiales
  • Mines : Grand producteur d'or, de cuivre, d'uranium et de potasse
  • Foresterie : Industrie massive du bois d'œuvre et du papier
  • Agriculture : Blé, canola et autres cultures

Pourquoi cela compte pour les taux d'intérêt : Lorsque les prix du pétrole augmentent, le dollar canadien se renforce et l'économie s'accélère. Lorsqu'ils chutent, c'est l'inverse qui se produit. Cela rend le travail de la Banque du Canada beaucoup plus complexe que celui de la Fed.

Autres facteurs propres au Canada

🏠 L'importance du marché immobilier
  • Les prix des logements représentent une part plus importante du patrimoine des ménages
  • La plupart des prêts hypothécaires sont renouvelés tous les 5 ans
  • Les changements de taux touchent les propriétaires plus durement et plus rapidement
  • La Banque accorde une attention particulière aux bulles immobilières
🌍 Une petite économie ouverte
  • Plus affectée par les changements du commerce mondial
  • Les évolutions économiques américaines se répercutent rapidement
  • Le taux de change compte davantage pour l'inflation
  • Moins de marge de manœuvre pour mener une politique autonome
🎯 L'essentiel à retenir

L'économie canadienne est plus volatile et interconnectée que l'économie américaine. Les fluctuations des prix du pétrole, les variations du marché immobilier et les bouleversements du commerce mondial touchent le Canada plus fortement, rendant les décisions de la Banque du Canada moins prévisibles.

Analyse de la structure économique

Caractéristiques économiques structurelles

La structure économique du Canada engendre des mécanismes de transmission de la politique monétaire et des schémas de sensibilité externe uniques qui le différencient des autres économies du G7 :

Intégration du secteur des matières premières :

  • Secteur énergétique : ~10 % du PIB, concentré en Alberta/Saskatchewan
  • Mines et ressources : ~5 % du PIB, cycliquement volatile
  • Sensibilité aux termes de l'échange : Forte corrélation avec le taux de change du CAD
  • Asymétries régionales : Provinces productrices d'énergie vs provinces manufacturières

Canaux de transmission de la politique monétaire

CanalSpécificité canadienneImplications pour la politique
Immobilier/HypothécairePrédominance du cycle de renouvellement à 5 ansTransmission plus rapide, sensibilité accrue
Taux de changePetite économie ouverte, monnaie liée aux matières premièresEffets de débordement externes amplifiés
CréditOligopole des six grandes banquesTransmission synchronisée mais différée
AnticipationsEffets de débordement de la politique de la FedAction indépendante contrainte

Implications du modèle ToTEM III

Considérations relatives au modèle structurel

Le modèle ToTEM III de la Banque intègre explicitement :

  • Secteur des matières premières : Secteurs dédiés au pétrole/gaz et aux mines avec volatilité des prix
  • Marché immobilier : Hétérogénéité des ménages emprunteurs/épargnants, dynamique du marché hypothécaire
  • Petite économie ouverte : Chocs sur les termes de l'échange, transmission du taux de change
  • Frictions financières : Contraintes d'endettement des ménages, variations de la prime de risque
Ces caractéristiques engendrent une incertitude de modèle plus élevée et des intervalles de confiance plus larges autour des projections de politique que dans les cadres d'économie fermée.

Défis de prévision

Volatilité des prix des matières premières : Les variations du prix du pétrole peuvent faire fluctuer le dollar canadien de 3 à 5 % en une seule journée
Effets de débordement américains : 75 % des échanges commerciaux avec les États-Unis créent une transmission automatique des chocs américains
Bulles immobilières : Les divergences régionales de prix compliquent la politique monétaire nationale

Dernières nouvelles de la Banque du Canada

📰 Restez informé

Voici les mises à jour les plus récentes de la Banque du Canada. Nous traduisons le langage technique en français courant afin que vous puissiez comprendre ce qui se passe :

11 décembre 2024
🔽 La Banque baisse à nouveau ses taux

Ce qui s'est passé : La Banque du Canada a abaissé ses taux de 0,25 % pour les porter à 2,75 %

Ce que cela signifie : Elle reste préoccupée par un ralentissement excessif de l'économie et rend l'emprunt moins coûteux pour encourager les dépenses.

Novembre 2024
📊 Nouvelles projections économiques

Ce qui s'est passé : La Banque a publié ses perspectives trimestrielles pour l'économie

Ce que cela signifie : Elle s'attend à ce que l'inflation reste proche de 2 %, mais que la croissance demeure faible, ce qui laisse présager de nouvelles baisses de taux.

Octobre 2024
🏠 Commentaires sur le marché immobilier

Ce qui s'est passé : Le gouverneur Macklem a évoqué les préoccupations liées à l'accessibilité au logement

Ce que cela signifie : La Banque reconnaît que les coûts élevés du logement nuisent à de nombreux Canadiens, mais elle ne peut pas résoudre ce problème par les taux d'intérêt seuls.

Communications de politique monétaire

Signaux de politique récents

L'analyse des communications récentes de la Banque du Canada révèle un biais de plus en plus accommodant, avec des indications prospectives conditionnelles suggérant la poursuite de l'assouplissement monétaire :

11 décembre 2024 - Décision de taux
Taux cible du financement à un jour : 2,75 % (-25 pb)

Formulation clé : « Le Conseil de direction est disposé à réduire davantage le taux directeur si le dynamisme économique continue d'être plus faible que prévu »

Interprétation du marché : Biais explicite d'assouplissement conditionnel, approche dépendante des données maintenue

Novembre 2024 - Rapport sur la politique monétaire
Projections économiques actualisées

Croissance du PIB : Prévision 2025 révisée à la baisse à 1,8 % (contre 2,1 %)

Inflation : Les mesures fondamentales devraient rester proches de la cible de 2 %

Écart de production : Devrait se résorber progressivement d'ici 2026

Octobre 2024 - Discours du gouverneur
Considérations relatives à la stabilité financière

Marché immobilier : Reconnaissance de défis structurels d'accessibilité dépassant le cadre de la politique monétaire

Endettement des ménages : Surveillance des vulnérabilités mais risque systémique jugé limité

Coordination des politiques : Accent mis sur les outils budgétaires/réglementaires pour l'offre de logements

Évolution des indications prospectives

Les schémas de communication récents suggèrent que la Banque passe d'une orientation de politique « restrictive » à un positionnement « neutre à accommodant ». Expressions clés à surveiller :

  • « Dépendant des données » - Signal d'évaluation continue
  • « Disposé à agir » - Engagement conditionnel d'assouplissement
  • « Approche graduelle » - Préférence pour des ajustements de 25 pb

Prochaines réunions de la Banque du Canada

La Banque du Canada prend des décisions de taux 8 fois par an aux dates prévues suivantes :

Dates de décision du Conseil de direction 2025

Calendrier d'annonces fixes avec publication trimestrielle des Rapports sur la politique monétaire :

Date de la réunionTypeAction attendueValorisation de marché
29 janvier 2025Décision de tauxBaisse probable de 25 pbProbabilité de 70 %
12 mars 2025Décision + RPMPause possibleProbabilité de baisse de 45 %
16 avril 2025Décision de tauxDépendant des donnéesMarché neutre
4 juin 2025Décision + RPMÀ déterminerFaible visibilité

Méthodologie analytique et analyse fondée sur les modèles

Cette section présente une évaluation de la politique monétaire de la Banque du Canada fondée sur les modèles et les fondamentaux économiques. L'analyse compare le taux directeur actuel à un taux cible théorique dérivé d'indicateurs économiques clés.

Évaluation de la politique actuelle

Taux directeur actuel
5.25%
Banque du Canada
Cible fondée sur le modèle
3.92%
Règle de Taylor ToTEM
Écart de taux
+1.33%
Effectif - Théorique
Orientation actuelle de la politique : Restrictive
Policy is above the model-implied neutral level.

Indicateurs économiques clés

IndicateurActuelCible/NeutreÉcart
Inflation2.38%2.00%+0.38 pp
Output Gap-0.81%0.00%-0.81 pp
Unemployment6.50%N/AN/A

Écart de taux historique (vue sur 12 mois)

+0.25%
2025-04
+0.45%
2025-05
+0.50%
2025-06
+0.75%
2025-07
+0.63%
2025-08
+0.68%
2025-09
+0.58%
2025-10
+0.58%
2025-11
+1.33%
2025-12
+1.33%
2026-01
+1.59%
2026-02
+1.33%
2026-03
Positive GapNegative Gap

Cadre du modèle

Comment fonctionne le modèle :

Le taux théorique est calculé à l'aide du modèle ToTEM et de la règle de Taylor. Il prend en compte :

  • L'écart entre l'inflation et la cible de 2 % de la Banque du Canada
  • Le fait que l'économie croisse plus rapidement ou plus lentement que son potentiel
  • Ce que serait un taux d'intérêt « neutre » (ni stimulant ni restrictif pour la croissance)

Lorsque les taux effectifs sont inférieurs au taux théorique, la politique est considérée comme « accommodante » (soutenant la croissance). Lorsqu'ils sont supérieurs, elle est « restrictive » (luttant contre l'inflation).

Modèle : Règle de Taylor fondée sur ToTEM

Spécification :

$$i_t^* = r^* + \pi_t + \alpha(\pi_t - \pi^*) + \beta \cdot \text{Gap}_t$$

Où : $i_t^*$ = taux directeur théorique, $r^*$ = taux réel neutre (~1,75 % pour le Canada), $\pi_t$ = inflation IPC courante, $\pi^*$ = cible d'inflation (2,0 %), $\text{Gap}_t$ = écart de production, $\alpha$ = 0,5 (réponse à l'inflation), $\beta$ = 0,5 (réponse à la production)

Note : Le modèle ToTEM réel de la Banque du Canada est considérablement plus sophistiqué, comportant des centaines d'équations. Cette règle de Taylor simplifiée fournit un point de référence comparable, cohérent avec la littérature sur la fonction de réaction de la BdC.

Sources de données et mises à jour

Indicateurs économiques :

  • Statistique Canada (inflation IPC, chômage)
  • Banque du Canada (taux directeur)
  • Perspectives économiques de l'OCDE (écart de production)
  • Mise à jour : mensuelle lors des publications de données

Paramètres du modèle :

  • Taux neutre : 1,75 % (estimation de la BdC)
  • Cible d'inflation : 2,0 % (mandat de la BdC)
  • Coefficients de réponse : α=0,5, β=0,5
  • Fondé sur le cadre du modèle ToTEM

Validation : Les résultats du modèle sont continuellement comparés aux projections du personnel de la Banque du Canada et aux prévisions consensuelles des grandes institutions (enquêtes Bloomberg, Reuters).

En savoir plus sur la Banque du Canada

Vous souhaitez approfondir vos connaissances ? Voici quelques ressources utiles :

Ressources techniques et recherche